théâtre

de la bastille

Théâtre de la Bastille

Les Batteurs


10 > 14 MAI


Avec six batteurs : Anthony Capelli, Heloïse Divilly, Arnaud Laprêt, Louis Lubat, Christiane Prince et Vincent Sauve.

théâtre

Les Batteurs est d’abord une réponse à une commande du Théâtre de la Bastille : que pourrait être un choeur contemporain ?

Le jeune théâtre antique
Les Batteurs est l’occasion de faire dialoguer la représentation théâtrale comme lieu de l’intersubjectivité, avec ce que la notion de choeur propose communément : un point de vue unifié qui s’adresse de façon directe à l’assemblée des spectateurs. Pour ce dialogue, ou ce conflit, c’est d’abord le théâtre antique qui nous renseignera. (...) Il ne s’agira pas de reprendre les différentes postures du choeur antique, mais d’y puiser des enjeux concrets pour un travail de plateau (rapport à la parole, à l’énonciation, à l’espace, à l’action, au hors-champ, rapport de l’individu au groupe…). Nous ne reprendrons pas exactement ses postures, et nous commencerons par en changer une des règles fondamentales, créant ainsi un déséquilibre, celle qui met le choeur face aux protagonistes. De notre spectacle, les protagonistes seront absents. Sur scène, il n’y aura qu’un choeur. (...)

Les batteurs, des non-acteurs
Qui sera ce choeur, seul sur scène ? Quel groupe ? Et de quoi, de qui ce groupe sera-t-il la représentation ? De quels points de vue sera-t-il porteur ? Le groupe que j’ai constitué pour cette recherche théâtrale est composé de six individus qui ne sont pas acteurs. Ils sont musiciens et leur point commun est de jouer de la batterie. En les réunissant, je forme donc un choeur de batteurs dont chacun, c’est inévitable, sera aussi porteur de sa propre voix. Quel échantillon de la société ce groupe représente-t-il ? Celui d’une communauté des batteurs ? Ou ses membres ne sont-ils représentatifs que d’eux-mêmes ?

Un langage commun
Nous imaginerons donc un théâtre pour ces six non-acteurs, pour ces six batteuses et batteurs. Leur réunion sur une scène de théâtre sera inédite. Ils auront avec eux leurs batteries, et ils auront aussi la parole. A partir de ces seuls éléments (...) il nous faudra imaginer quelle musique, et quel théâtre il est possible d’activer. (...) Moi, ne maîtrisant pas leur langage, et eux, n’ayant pas pour habitude de construire avec leurs pairs, mais plutôt avec d’autres musiciens, nous serons contraints de construire un autre langage, commun. Un langage interne, et un langage ouvert sur l’extérieur. Il s’agira en somme d’en inventer un comme on invente du théâtre. C’est une manière de réunir modestement, en donnant ces règles du jeu à notre travail, les conditions pour qu’un langage soit à inventer, tout comme le choeur antique en son temps, et la batterie en son temps ont eu à inventer et développer leurs langages, et en ont été modifiés.
Adrien Béal, octobre 2016.

Réalisation +



Mise en scène Adrien Béal, collaboration Fanny Descazeaux.

 

Production Compagnie Théâtre Déplié. Coproduction Théâtre de la Bastille, Théâtre Dijon Bourgogne – Centre dramatique national, Tandem Arras Douai – Scène nationale. Avec le soutien du Théâtre de Gennevilliers – Centre dramatique national. La Compagnie Théâtre Déplié est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Île-de-France.